BIO

Née en 1977 au Cap, Afrique du Sud
Tina Marais est une artiste visuelle et textile canadienne. Elle vit et travaille à Lyon, en France. Sa pratique explore le temps, la mémoire et les relations entremêlées entre les systèmes humains et écologiques. À travers des processus textiles, Tina Marais associe recherche théorique, savoir-faire tactile et réflexion conceptuelle pour créer des œuvres qui interrogent les cycles de transformation, de fragilité et de résilience au sein des environnements naturels et sociaux. S’appuyant sur l’utilisation de matériaux récupérés et de techniques lentes et laborieuses, son travail évoque des états de transition où coexistent décomposition et régénération, perte et réparation, tout en questionnant les paradigmes coloniaux et capitalistes dominants.

Tina Marais possède un important parcours d’expositions internationales. Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions individuelles, notamment Unfoldings and Entanglements à Gallery 76, Sydney (Australie) ; Les Fragments de l’Eau, Montréal (Canada) ; Enchevêtrements au Fine Arts Center Gallery, Arkansas State University (États-Unis) ; et Filature à la Galerie 7, Lyon (France). Elle a également participé à plus de 70 expositions collectives et biennales au Canada, aux États-Unis, au Brésil, en Belgique, en Chine, en Ukraine, en Suisse, en Corée du Sud, en Afrique du Sud, en Espagne, en Pologne, en France, en Colombie, en Lituanie, en Slovénie, en Australie, au Portugal et en Uruguay.

Parmi ses invitations notables figurent la BIEN – Biennale internationale d’art textile (Slovénie, 2021) ; la biennale Material Thinking à l’Université Tsinghua, Pékin (Chine) ; la World Textile Art Biennale, Miami (États-Unis, 2022) ; ainsi que la Biennale Révélations à la Galerie Collection, Paris (2023).

Sa démarche est également soutenue par des résidences de recherche et de création, notamment Contextile Biennale (Portugal, 2022), La Fonderie (Paris, 2024), ainsi que des résidences à la Place des Arts et à Art Souterrain en partenariat avec le Musée des beaux-arts de Montréal. Tina Marais développe par ailleurs une pratique en art public et a réalisé des œuvres dans le cadre du programme Art public 1 % du ministère de la Culture et des Communications du Québec.

Parallèlement à sa pratique en atelier, elle intervient comme conférencière et médiatrice culturelle. Elle a mené plus de 80 projets communautaires et présenté son travail lors de conférences internationales. Depuis 2012, sa pratique est soutenue par le Conseil des arts du Canada et le Conseil des arts et des lettres du Québec. Elle est lauréate de plusieurs distinctions, dont la bourse Dora et Avi Morrow pour l’excellence en arts visuels (2019–2020), la bourse commémorative Joyce Melville (2021), Université Concordia, Montréal, ainsi que le prix Artiste dans la communauté (2021) du Conseil des arts et des lettres du Québec pour le projet Rassemblement.

FORMATION
Communication visuelle, Open Window Art Institute, Afrique du Sud (1997)
Maîtrise en beaux-arts, pratiques de la fibre et des matériaux, Université Concordia, Montréal (2022)

DEMARCHE ARTISTIQUES

La pratique de Tina Marais s’inscrit dans une démarche de recherche-création à la croisée de la sculpture et de l’installation. Elle développe une relation profondément tactile aux matériaux, envisagés comme des espaces de mémoire, de transformation et de relation. Sa recherche explore les liens entre humains et environnements, en abordant les paysages comme des structures vivantes, stratifiées, comparables à des couches de peau où s’inscrivent déplacements, transformations et traces d’expériences vécues.

Chaque œuvre se déploie comme une projection topographique et organique de trajectoires mêlées, révélées ou repliées, où affleurent les mémoires de personnes, de lieux et de situations. Ses œuvres émergent de processus d’observation, de collecte et de manipulation de matériaux hétérogènes, issus de contextes naturels ou manufacturés. Ces éléments sont considérés comme porteurs d’histoires et d’interactions, révélant des dynamiques de circulation, d’usure et de transformation. Par l’assemblage, la compression, l’hybridation et la mise en tension, elle élabore des formes qui oscillent entre surface et volume, évoquant des topographies instables, des formations organiques ou des paysages en mutation.

Le pli constitue un langage central dans son travail, à la fois geste et mode de pensée. Il agit comme une opération de transformation qui dissimule, révèle, protège et expose, tout en générant des rythmes et des strates. Les couches se superposent et se déplacent, suggérant des processus d’érosion, de croissance ou de déplacement. Le pli devient ainsi une manière d’aborder les notions de territoire, de migration et de transformation des environnements, où les frontières entre corps, paysage et matière se brouillent.

Ancrée dans une pratique physique et expérimentale, sa démarche accorde une importance au geste, à la manipulation et à la résistance des matériaux. Le processus de création devient un espace d’interaction où la matière participe activement à l’élaboration des formes. Cette approche s’inscrit dans une perspective matérialiste contemporaine, attentive aux relations entre humains et non-humains, et aux forces qui façonnent les milieux.

Son travail interroge les notions de déplacement, d’adaptation et de coexistence, tout en explorant la mémoire inscrite dans les matériaux et les environnements. Il propose des formes qui évoquent des paysages sensibles, instables et en transformation, où se rencontrent structures organiques et systèmes construits.

À travers cette exploration, Tina Marais développe une pratique qui envisage la sculpture comme un espace relationnel, où matière, corps et environnement se répondent. Ses œuvres se déploient comme des territoires hybrides, révélant des connexions visibles et invisibles et invitant à repenser notre rapport aux lieux, aux transformations du vivant et aux dynamiques de déplacement.